Tesla vient de lancer son opération pilote de robotaxis à Austin, ce qui marque un aboutissement dans le domaine de la mobilité autonome, même si le service n’est pas encore ouvert à tous pour le moment et ne couvre qu’une petite zone de la ville.
Les courses sont proposées à un tarif symbolique de 4,20 dollars, somme retenue par Elon Musk, et fonctionnent entre 6 heures et 0 heure. Pas de conducteur à bord, mais un superviseur de la société reste vigilant pour éventuellement intervenir si nécessaire, une précaution saluée par les observateurs du secteur.
L’entreprise avance avec précaution, en prenant un minimum de 10 à 20 Model Y, mais mise sur une montée rapide en puissance : l’idée est d’arriver rapidement à un millier de véhicules, puis de se lancer sur d’autres grandes villes comme San Francisco, Los Angeles ou San Antonio, avec l’idée d’atteindre plusieurs centaines de milliers de robotaxis fin 2026.
Si Tesla a choisi Austin, c’est pas un hasard. En effet, le Texas est un des rares États à proposer un cadre juridique propice à l’expérimentation des véhicules autonomes. Cependant, à partir de septembre, de nouvelles exigences imposeront à la marque américaine des demandes d’autorisation et des protocoles d’urgence à formaliser. Les autorités locales et certains élus suivent donc ce projet de très près.
Techniquement, Tesla se distingue de ses concurrents. Alors que les Waymo ou Zoox adoptent une solution combinant caméra et lidar, la marque va plutôt choisir la stratégie de la caméra et du logiciel propriétaires, sans lidar ni radar. L’objectif : réduire les coûts et permettre une mise en œuvre rapide… qui, à ce jour, laisse sceptique après le sort rencontré par d’autres du secteur.
Tesla ne s’interdit pas un développement hybride : les propriétaires de véhicules FSD (Full Self-Driving), proposé par abonnement ou à la vente, pourront bientôt mettre à disposition leur propre véhicule en robotaxi lorsqu’il ne l’utilisent pas. À la clé, un taux d’utilisation des véhicules, et surtout de nouvelles sources de revenus pour le grand public.
Face à un concurrent tel que Waymo, déjà dans plusieurs grandes villes américaines, Tesla parie sur un développement rapide et une architecture technologique moins complexe mais les spécialistes, comme Philip Koopman de l’Université Carnegie Mellon, rappellent que l’industrialisation est une affaire de temps, le secteur étant encore technologique.
Le lancement du service à Austin témoigne de la volonté de Tesla de tenir ses promesses après plusieurs années d’annonces au caractère ambitieux, cependant de nombreux obstacles demeurent : accès au service au cas par cas pour les conducteurs potentiels mais aussi acceptation par les autorités, sécurité des opérations à l’échelle, question économique et refus des particuliers pour un modèle de mobilité partagée.

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