L’offensive des constructeurs automobiles chinois sur leur propre marché, et la façon dont ils inondent le secteur de nouveautés, n’a clairement rien d’anodin. Pour l’observateur avisé, le gouffre entre la Chine et l’Europe est impressionnant, surtout en matière de compétitivité prix/produit. On se retrouve face à une situation quasi insolite pour l’industrie européenne : des modèles étonnamment avancés proposés à des tarifs quasiment imbattables. La BYD E7, tout juste lancée, s’inscrit parfaitement dans cette logique de conquête.
Il s’agit d’une berline compacte, possédant une autonomie très simple et probablement destinée à être commercialisée auprès de flottes professionnelles, bien que cela n’ait pas encore été confirmé par l’entreprise. Ce modèle, en raison de ses dimensions, serait en concurrence directe avec la Tesla Model 3, bien que son prix soit plus comparable à des modèles plus économiques tels que la Leapmotor B10.
Ce véhicule mesure 4,78 mètres de long, 1,90 mètre de large et 1,52 mètre de haut, avec un empattement de 2,82 mètres. De plus, son espace de chargement offre une capacité de 528 litres. Son design évoque les autres modèles de la marque BYD, avec le logo positionné au centre de la face avant, des blocs optiques allongés et indépendants dotés d’une signature lumineuse en deux lignes de LED, ainsi qu’un pare-chocs au design original, traversé par une bande noire qui lui confère un aspect souriant et une entrée d’air en bas.
De profil, sa silhouette rappelle légèrement celle de la Model 3 de Tesla, bien que les roues paraissent un peu petites par rapport aux proportions de la voiture, surtout à l’arrière où la pente du toit se termine assez haut. Les phares, bien que séparés, sont plus grands et présentent une forme familière aux autres modèles Tesla, reliés par une garniture noire.
En matière d’équipement, il est doté d’un combiné d’instruments de 7 pouces et d’un écran tactile central de 15,6 pouces en standard, avec un volant multifonction à la base aplatie, un plateau pour téléphones dans la console centrale sous les bouches d’aération, deux porte-gobelets en bas, et en option, un toit panoramique.
Sur le plan technologique, il est équipé du niveau le plus élémentaire de God’s Eye, désigné comme niveau C, qui est destiné aux marques grand public du groupe. Ce système intègre 17 capteurs et une douzaine de caméras pour offrir au conducteur une assistance à la conduite sur autoroute et sur voies rapides. Sa gamme de motorisation est relativement restreinte, se limitant à un moteur de 134 ch (100 kW) et un couple maximal de 180 Nm.
Bien que son temps d’accélération de 0 à 100 km/h ne soit pas communiqué, sa vitesse maximale atteint 150 km/h. Il est possible de choisir entre deux batteries de capacités différentes : une petite de 48 kWh et une grande de 57,6 kWh. Associée à la première, la batterie offre une autonomie de 450 km selon le cycle CLTC, tandis qu’avec la seconde, l’autonomie s’élève à 520 km.
Les deux batteries sont compatibles avec la recharge rapide, pouvant être rechargées en 26 et 28 minutes, bien que le pourcentage de charge ne soit pas précisé. Ce dernier varie généralement entre 20 et 80 %, mais en Chine, il est parfois question d’autonomie à partir de 10 ou 30 %. Un point intéressant est que, selon les médias chinois, le modèle E7 ne fait partie d’aucune des deux familles de modèles habituelles de BYD.
Fait intéressant, si l’on se fie à la presse chinoise, la E7 n’appartient à aucune des deux grandes familles habituelles de BYD : ni la BYD Dynasty avec des modèles comme la Han ou la Tang, ni la gamme Ocean, qui regroupe les Dolphin, Mouette, Sealion ou Seal, que ce soit en berline ou en SUV. La E7, elle, se retrouve uniquement sur le site professionnel de BYD, orienté vers la vente de flottes à destination des entreprises, des taxis ou encore des acteurs du VTC. Impossible de dire pour l’instant si ce modèle restera réservé à une clientèle B2B ou s’il finira par être proposé aux particuliers.
En ce qui concerne le tarif, la BYD E7 est proposée à partir de 103 800 yuans, tandis que la version la plus onéreuse est à 115 800 yuans. Au taux de change actuel, cela équivaut à une fourchette de prix allant de 12 800 à 14 301 euros. Il est clair que ces prix compétitifs sont en grande partie dus aux subventions gouvernementales à la production en Chine, considérées comme une forme de concurrence déloyale par l’Europe, ce qui a entraîné l’imposition de droits de douane sur ce type de véhicule.
Étant donné sa nature commerciale, ce modèle serait perçu en Europe comme un véhicule économique destiné à des usages de taxi, à l’instar du BYD Seal qui remplit actuellement une fonction similaire dans les services de VTC.
Source: BYD sur Weibo

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